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Dans les turboréacteurs aéronautiques la réduction de la consommation spécifique en kérosène et des émissions de CO2 et de NOx passe par la maîtrise des jeux entre rotor-stator et par voie de conséquence des interactions aube-carter. Celles-ci sont fortement conditionnées par le choix des matériaux "abradables" côté carter. En ce qui concerne les systèmes de freinage, les dispositions réglementaires de réduction des impacts environnementaux  (nuisances sonores, émissions de particules) et d’augmentation des performances de dissipation énergétiques pour les grandes vitesses, passe par une maîtrise des phénomènes de frottement et du choix des matériaux en contact.

Dans ces deux applications, les solutions mises en œuvre par les industriels reposent sur l'exploitation inspirée de retours d'expériences et de démarches "essais-erreurs" qui ont conduit à la mise au point de "recettes de matériaux hétérogènes" performantes, s’agissant des garnitures de frein et des matériaux "abradables" pour turboréacteur aéronautique. Néanmoins, en l’absence d’une réelle appréhension des phénomènes, ces approches "boîte noire" posent problème face aux nouvelles exigences techniques et environnementales. Elles engendrent de plus des coûts de développement très élevés en raison du nombre d’essais nécessaires élevé. L’objectif du projet est de mettre au point une méthodologie multi-échelle de « conception » des matériaux de friction. Cette méthodologie représente le chaînon manquant dans la démarche de compréhension et de modélisation des systèmes (freins et ensembles rotor-stator de turboréacteurs) dans le but d’augmenter leurs performances énergétiques, de réduire les nuisances environnementales (acoustique, pollution…) tout en maintenant leur fiabilité en tant qu’éléments sécuritaires. Face à cette complexité, la démarche repose d’une part sur l’identification des phénomènes physiques prépondérants et d’autre part sur une dialogue modèle-expérience fort. Un intérêt majeur de ce projet est de regrouper les expériences et les moyens des partenaires de différents secteurs du transport aéronautique, automobile et ferroviaire dans un esprit de fertilisation croisée. Les industriels (Snecma, CBI et Faiveley) et certaines équipes du projet possèdent déjà une grande expérience dans les applications visées (LML et LaMCoS) et dans la connaissance des phénomènes physiques mis en jeu. Ils proposent d’y ajouter des compétences sur les approches multi-échelles (IJLRDA) ainsi qu’en physico-chimie des surfaces (KUL). Les retombées principales sont, face aux enjeux socio-économiques précités : une méthodologie de « conception » des matériaux de friction pour les applications freinage et revêtements abradables de carter de turboréacteur, une modélisation multi-échelle matériau – interface de contact, intégrable dans les méthodes industrielles d’analyse des performances des systèmes freins et turboréacteurs. Du point de vue scientifique, les retombées majeures sont une description des matériaux de friction fortement hétérogènes ainsi qu’une « homogénéisation des interprétations tribologiques » qui sera une première en tribologie.